Former les membres du personnel

Co-activer

La section portant sur  la co-activation décrit les phases de planification de la mobilisation des jeunes. Ces étapes visent à créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre réussie de la mobilisation des jeunes.

En tant qu’organisme qui se consacre à la santé mentale des jeunes et des enfants, les membres de votre personnel sont engagés à travailler avec les jeunes pour améliorer leur bien-être. Ainsi, en vous préparant à renforcer votre capacité de mobilisation des jeunes, vous voudrez mobiliser les membres du personnel à créer un environnement favorable aux jeunes et travailler en partenariat avec eux.

Les initiatives de mobilisation des jeunes demandent à ce qu’un changement soit appliqué au modèle de prestation des services de santé mentale: travailler avec des jeunes plutôt que pour des jeunes. Pour certains organismes, cela sera complètement nouveau. Il serait donc fortement recommendable que ces organismes forment tous les membres de leur personnel aux initiatives de mobilisation des jeunes. L’engagement de tous permettra une compréhension partagée de la mobilisation des jeunes dès les étapes initiales de la mise en place d’initiatives. La mobilisation des jeunes apparaîtra ainsi comme une manière de travailler plutôt que comme un programme ou une activité isolé.

En vedette : L’art de la mobilisation des jeunes
En collaboration avec The New Mentality, le Centre d’excellence de l’Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents a développé un programme de formation : L’art de la mobilisation des jeunes. Co-animé par des jeunes et des fournisseurs de services, cet atelier utilise des techniques de leadership participatif pour faciliter le dialogue et accroître le niveau de compréhension des participants à l’égard de la mobilisation pertinente des jeunes.

  • Niveau 1 de la formation : Ouvertures et possibilités. L’objectif est d’accroître la compréhension de la mobilisation des jeunes dans le contexte de la santé mentale des jeunes et d’identifier les activités spécifiques que les organismes peuvent entreprendre pour accroître la mobilisation.
  • Niveau 2 : Élargir et renforcer. S’appuie sur les points forts et l’énergie des initiatives existantes pour les développer davantage et les renforcer.

La mobilisation des jeunes demande un engagement individuel et organizationel. Au niveau systémique, les organismes et les communautés créent des environnements favorables aux jeunes et des occasions de mobilisation des jeunes dans les programmes, ainsi qu’à tous les niveaux de décision. Vous pouvez utiliser l’Évaluation de la préparation aux initiatives de mobilisation des jeunes pour réfléchir aux points forts de votre organisme et aux sphères d’activités où il serait nécessaire de soutenir la mobilisation des jeunes.

D’un point de vue personnel, les membres du personnel peuvent utiliser les Fiches de réflexion individuelle pour réfléchir à leurs attitudes et croyances à l’égard du travail avec les jeunes. Quelques-uns des obstacles les plus importants à l’introduction de pratiques de mobilisation des jeunes dans des organisations dirigées par des adultes sont les préjugés que les jeunes et les adultes ont les uns à propos des autres. Si on ne répond pas à ces préjugés, le résultat peut inconsciemment mener à des comportements oppressifs. Bien sûr, les comportements vont dans les deux sens. Le Continuum du changement est un modèle conceptuel développé par Youth Infusion (2010) pour illustrer les différentes manières dont les jeunes et les adultes se perçoivent mutuellement dans des partenariats.

Les jeunes sont perçus comme le public cible.

Les jeunes sont perçus comme une ressource limitée dans le temps :
Le groupe de discussion

Les jeunes sont perçus comme une source de bénévolat

Les jeunes sont perçus comme des preneurs de décision, des partenaires égaux et des agents du changement social

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Les adultes sont perçus comme autoritaires : en décalage avec la génération plus jeune.

 

Les adultes sont perçus comme des conseillers à des moments déterminés : une personne vers qui se tourner dans les moments de besoin.

 

Les adultes sont perçus comme des mentors : une personne de qui apprendre dans les bons et les mauvais moments.

 

Les adultes sont perçus comme des guides de confiance et des apprenants à vie : ils enseignent et apprennent des jeunes.

Une pratique de réflexion critique est un processus utile pour que les membres du personnel s’engagent dans un processus d’apprentissage continu sur la manière dont leurs pouvoirs, privilèges et oppressions affectent leur capacité à travailler en partenariat avec des jeunes dans la prise de décisions. 1 La pratique de réflexion critique aide les membres du personnel à passer du pouvoir aux jeunes à partager le pouvoir avec les jeunes. Elle peut également contribuer à créer des espaces plus sécuritaires, plus respectueux et plus inclusifs pour les jeunes et les fournisseurs de services. 1 Pour obtenir des renseignements supplémentaires concernant l’équité dans le domaine de la santé mentale chez les jeunes et les enfants, consultez le module d’apprentissage en ligne du Centre, Recherche d’équité : pratique anti-oppressive dans le domaine de la santé mentale des enfants et des adolescents

 

En vedette : Combler les lacunes en matière d'égalité

Service axé sur la collaboration de North York, une partie de l’initiative menée par CAMH intitulée Améliorer les systèmes grâce aux projets de services axés sur la collaboration (ASPSAC), répond aux écarts d’équité dans leur région grâce à la mise en place des Services positifs des pairs. Au-delà de simplement mobiliser les personnes ayant une expérience vécue, ce changement orienté vers les services positifs des pairs vise à assurer que les espaces soient encourageants, équitables et adaptés à la participation des jeunes et des membres de leur famille. Cela est obtenu en agissant sur 3 facteurs interdépendants : 1) la pratique de la réflexion critique; 2) la réponse apportée aux inégalités et 3) le co-apprentissage (co-examen, co-design et co-livraison).

Adultes alliés : Le partenariat adulte/jeune (P A-J)
Un adulte allié peut être toute personne qui s’intéresse à soutenir les jeunes. 2,3 Les adultes et les jeunes développent des relations réciproques à long terme qui mettent en jeu un lien personnel, plutôt qu’une simple collaboration de travail. 4,5,6,7

Les jeunes ont identifié les caractéristiques suivantes comme étant des attributs importants qui devraient décrire les adultes alliés: 3

Voici cinq conseils permettant d’établir de véritables partenariats intergénérationnels. Adapté du rapport d’Ilona Dougherty sur les partenariats intergénérationnels de prise de décision. 8

Fixez des objectifs précis. Assurez-vous que tout le monde est sur la même page et que personne n'est surpris ou surchargé. Les projets fonctionnent bien lorsque les objectifs sont définis de manière collaborative. 9 Les objectifs doivent être réalistes, concrets et doivent bien complémenter les compétences de chacun. 8,10

Encourager la créativité et les différences. Les partenariats peuvent être tendus si les personnes engagées ne respectent pas les opinions de chacun. Utiliser la diversité comme une force; les nouvelles opinions et commentaires peuvent renforcer un projet si toutes les personnes sont respectées et valorisées. 11

Établir des liens. Utiliser les partenariats pour en apprendre l’un sur l’autre et développer des relations authentiques. 3 À mesure que ces liens se développent, les idées préconçues des uns sur les autres peuvent changer; les jeunes peuvent commencer à percevoir les adultes comme des apprenants dignes de confiance, et les adultes peuvent percevoir les jeunes comme des preneurs de décision compétents et des partenaires égaux. 12

Encadrer et soutenir. Les recherches montrent que les jeunes répondent bien au mentorat lorsqu’il provient d’une personne en qui ils ont confiance. Cela peut inclure leurs pairs et ou les adultes alliés . 13 Le mentorat par les pairs peut s’avérer une occasion d’apprentissage et d’enseignement pour les jeunes. Les jeunes doivent être soutenus à tous les niveaux pour s’engager activement dans un partenariat, y compris au niveau de la sécurité clinique, des ressources (p.ex., rétributions et subventions), du développement des compétences et bien plus encore. S’assurer que le partenariat est sans danger et accessible devrait être une priorité pour l’adulte allié.

Communiquer ouvertement. Les meilleurs partenariats se nouent lorsque les participants se sentent en sécurité pour s’exprimer honnêtement et ouvertement, et lorsque leurs opinions et leurs idées sont invitées et validées.

Pour en découvrir davantage sur les partenariats jeunes/adultes, prenez connaissance de Ready, Set, Engage : Building Effective Youth/Adult Partnerships for a Stronger Child and Youth Mental Health System (en anglais seulement).

Nous avons demandé à des jeunes de notre équipe de formation de nous expliquer ce qu’ils diraient aux organismes qui commencent tout juste à mobiliser les jeunes. Voici les conseils qu’ils leur donneraient. (en anglais seulement)

  • 1. a. b. Services axés sur la collaboration du nord-ouest de Toronto, n.d.
  • 2. Libby, Rosen & Sedonaen, 2005
  • 3. a. b. c. Pereira, 2007
  • 4. Deutsch & Spencer, 2009
  • 5. Grossman & Rhodes, 2002
  • 6. Hurd & Sellars, 2013
  • 7. Mitra, 2004
  • 8. a. b. Dougherty, 2004
  • 9. Pauw, 2011
  • 10. Zeldin, Petrokubi, & MacNeil, 2007
  • 11. Texas Network of Youth Services, 2002
  • 12. Youth Infusion
  • 13. Schwartz & Peterson, 2008