Pourquoi est-ce important?

Constitution du dossier

Nous avons rassemblé des preuves qui démontrent l’importance et les avantages des initiatives de mobilisation des jeunes spécifiques à leur santé mentale.

Résultats positifs 

La mobilisation des jeunes est liée aux résultats positifs pour les jeunes, les adultes, les organismes et les communautés. 

 

 

Les jeunes ont le droit d’être engagés dans les prises de décisions qui les touchent

La Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (CNUDE) est le traité portant sur les droits humains le plus communément ratifié. Il s’agit d’une entente entre les pays qui reconnaissent, protègent et respectent la dignité de tous les enfants et qui garantit l’environnement nécessaire pour que chaque enfant développe son plein potentiel. La CNUDE a été adoptée par les Nations Unies en 1989 et ratifiée par le Canada en 1991. Les « Droits de participation » constituaient l’un des articles les plus révolutionnaires rédigés pour la CNUDE :

« [...] l'enfant qui est capable de discernement a le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération en égard à son âge et à son degré de maturité. »

CNUDE, Art. 12

« L'enfant a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l'enfant. »

CNUDE, Art. 13

Selon le cadre stratégique du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario (MSEJ), « chaque enfant et chaque jeune a une voix ». 1 Le MSEJ estime que les organismes dédiés à la santé mentale des enfants et des jeunes devraient :

  • Créer des possibilités pour engager la participation des clients dans la conception, la mise en place et l’évaluation des programmes sur une base continue.
  • Mettre en place des forums et des activités sécuritaires pour que les demandes et les préoccupations des clients soient entendues et traitées.
  • Soutenir les jeunes engagés dans les services à développer et montrer l’exemple du leadership dans le contexte des services qu’ils reçoivent et en tant que membres actifs de leur communauté.
  • Encourager les possibilités pour les enfants et les jeunes recevant des services à participer à des activités communautaires.
  • Établir des possibilités au sein des services pour que les jeunes puissent développer des compétences en matière de leadership.

Les jeunes ne reçoivent pas toujours le soutien dont ils ont besoin

  • Un jeune sur cinq au Canada a des problèmes de santé mentale et 70 % de ces problèmes commencent à l’enfance et à l’adolescence. 2
  • Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont plus susceptibles d'avoir des problèmes de santé mentale et/ou des problèmes ayant trait à la consommation de drogues que toute autre tranche d’âge de jeunes. 3
  • Environ 90 % des jeunes qui se suicident ont des troubles mentaux au moment de leur mort. 4

Malgré ce besoin criant de soutenir la santé mentale et le bien-être des jeunes, seul un enfant et jeune sur six ayant des problèmes de santé mentale peut avoir accès aux services dont il a besoin. 5 Cette statistique est particulièrement inquiétante, car la plupart des problèmes de santé mentale commencent à l’enfance et à l’adolescence; l’intervention précoce est critique et les soutiens appropriés doivent être mis en place aussi tôt que possible. 6 En commençant à mobiliser les jeunes au sein de votre organisme, vous pourriez connaître la raison pour laquelle les jeunes n’ont pas accès aux services de santé mentale, et vous pourriez créer les conditions nécessaires afin de les engager à élaborer des interventions pertinentes et adaptées, quand et où ils en ont besoin.

Les jeunes se tournent vers leurs pairs pour obtenir du soutien

Les recherches montrent que, dans des moments de besoin, les jeunes préfèrent parler à leurs pairs plutôt qu’à un professionnel. 7 Cela dit, les pairs sont donc des partenaires importants pour promouvoir la sensibilitation à la santé mentale et contribuer à rendre les services plus accessibles.

Quelques statistiques :

  • 86 % des jeunes déclarent préférer parler à un pair 7
  • Moins de 5 % voudraient parler à un professionnel 7

La mobilisation des jeunes contribue au développement des facteurs de protection importants liés à la santé mentale, puisqu’elle propose aux jeunes des possibilités d’entrer en relation avec leurs pairs, de établir des réseaux et d’accroître le sentiment de ne pas être seuls.

En vedette : Le Jack Project

Le Jack Project est un réseau national de jeunes qui s’efforcent de transformer la manière dont nous percevons et traitons la santé mentale. Les membres se concentrent sur la mobilisation des pairs : des jeunes qui partagent leurs histoires et expériences peuvent avoir un effet des plus bénéfiques sur la diminution de la stigmatisation et le renforcement de la promotion de la santé mentale. Les membres organisent également des sommets et des événements nationaux avec les jeunes et des partenaires clés, dirigent des groupes locaux d’étudiants dans tout le pays et partagent une collection de ressources pour soutenir la santé mentale chez les jeunes

 

Les pairs sont des partenaires importants afin d’atténuer la stigmatisation

La crainte d’être jugé, se sentir perçu comme étant faible ou être aliéné de ses pairs sont souvent les raisons pour lesquelles les jeunes ne cherchent pas à obtenir l’aide des services de santé mentale. 8,9,10 Plutôt que d’être soutenus sur la voie du rétablissement, les jeunes et les familles ressentent de la honte, de la culpabilité et de l’intimidation, 11,12 ce qui peut déboucher sur une baisse d’estime de soi et l’amplification de symptômes préexistants, ou sur un état de stress par rapport à la gestion des défis liés à la santé mentale. 13,14,15

La mobilisation des jeunes en tant que partenaires dans le but de réduire la stigmatisation entourant la maladie mentale, est critique. Les recherches démontrent que les interventions basées sur des données probantes ayant le plus grand impact sur la réduction des obstacles liés à la stigmatisation sont celles où les interactions avec une personne ayant l’expérience du vécu dominent. 15 Les stratégies comprennent :

  • Mobiliser les enfants, les jeunes et les familles ayant des expériences personnelles face à des défis liés à la santé mentale pour qu’ils développent et mettent en place des initiatives.
  • Disposer d’intervenants formés qui motivent le public grâce à des discussions dynamiques et qui partagent de réelles expériences de vie, se concentrant sur le rétablissement et l’espoir plutôt que sur le renforcement des attitudes négatives. 8
  • Organiser des séances de sensibilisation sur la santé mentale et proposer une éducation ciblée sur les traitements. 15
  • S’assurer que les interventions liées à la santé mentale sont observées dans tous les secteurs qui touchent les jeunes, comme la justice, l’éducation et les soins de santé.

Pour en apprendre davantage sur la stigmatisation liée à la santé mentale chez les jeunes et les enfants, ses différentes formes et comment vous pouvez agir pour la réduire, voyez le module d’apprentissage électronique du Centre : Comprendre la stigmatisation de la maladie mentale.

 

Evedette : Peinturer pour une cause

En partenariat avec YouthNet et l’École d’art d’Ottawa, le Centre soutient le travail conjoint des jeunes afin de créer des fresques sur le thème de la maladie mentale et dont l’objectif est de réduire la stigmatisation. En 2006, les jeunes ont réfléchi sur la stigmatisation liée à la maladie mentale qu’ils ont définie ainsi : L’étiquetage ou la discrimination à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, sur la base de difficultés liées à la santé mentale observées ou présumées.

En vedette : Réduire la stigmatisation à travers la vidéo

Depuis 6 ans, la Santé mentale pour enfants Ontario (SMEO) célèbre la Semaine de la santé mentale des enfants avec un concours de vidéos sur YouTube intitulé Changer l'affichage. Les jeunes de l’Ontario sont invités à tourner un bref segment vidéo qui montredémontrant comment nous pouvons éliminer la stigmatisation d’enjeux entourant la santé mentale des jeunes, tels le stress, la dépression, le TDAH, l’intimidation et les psychoses, entre autres. Voici la vidéo gagnante :

L’adolescence est un moment critique du développement

L’adolescence est un moment caractérisé par le changement. Les jeunes se développent sur le plan physique, cognitif, social et émotionnel à un rythme incroyablement rapide. S’occuper de la santé mentale exige l’adoption d’une optique de développement tout au long de la vie, mais les changements qui s’opèrent à cette étape précise de la vie rendent la mobilisation des jeunes encore plus importante. 16 Proposer un soutien approprié pendant ces différentes phases peut être difficile. Guidé par des recherches de pointe, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse a élaboré des feuilles de route du développement qui aident à identifier et à décrire des événements communs et prévisibles dans le développement des jeunes. Bien que l’expérience de chaque jeune soit unique en fonction du contexte, comprendre ce qu’ils vivent vous aidera à personnaliser votre aide en fonction des différentes étapes de développement. Pour en apprendre davantage, prenez connaissance des Feuilles de route du ministère.

La mobilisation des jeunes mène à de meilleurs résultats pour les jeunes, les adultes et les communautés

Offrir aux jeunes des possibilités de développement positif au sein d’organismes dédiés à la santé mentale crée un effet domino de résultats positifs, offrant des avantages pour les jeunes, les adultes, les organismes et les communautés. Pour en savoir davantageg sur les résultats positifs lisez notre section sur les résultats positifs ci-dessus.

  • 1. Cadre stratégique du MSEJ 2008-2012
  • 2. Gouvernement du Canada, 2006
  • 3. Statistiques Canada, 2013
  • 4. Gould et al., 2006
  • 5. John, Offord, Boyle & Racine, 1995
  • 6. CAMH, 2014
  • 7. a. b. c. Davidson & Manion, 1996
  • 8. a. b. Commission de la santé mentale du Canada, 2013
  • 9. Moskos et al., 2007
  • 10. Rusch, Angermeyer & Corrigan, 2005
  • 11. Davison & Manion, 1996
  • 12. Kelly, 2005
  • 13. Moses, 2009
  • 14. LeFrancois, 2008
  • 15. a. b. c. Romer & Bock, 2008
  • 16. NSW Kids and Families, 2014