Traitement

Coup d’œil sur...  les débouchés pour la mobilisation des jeunes en traitement     

Une approche de soins qui est axée sur la mobilisation des jeunes est holistique, orientée vers le rétablissement, fondée sur les forces et est de nature collaborative. Les jeunes et les fournisseurs de service entretiennent des relations solides et travaillent conjointement en vue de cerner les buts, les sources de soutien et les services conformément aux besoins et aux préférences particuliers du jeune en question.

Indicateurs de réussite :

  1. Les jeunes reçoivent de l’information exacte et complète sur les services et sources de soutien.
  2. Le traitement est orienté vers des démarches holistiques et vers le rétablissement.
  3. Les buts et le plan de traitement sont fixés de façon coopérative, pour répondre aux besoins et aux préférences du jeune.
  4. Le traitement mise sur les points forts, les compétences, la résilience et les ressources du jeune.
  5. Des mécanismes ont été mis sur pied pour que les jeunes fournissent leurs commentaires sur la façon dont le traitement se déroule.
  6. Les plans de traitement mettent l’accent sur les rôles de la famille et des aidants naturels
  7. Le soutien par les pairs est considéré comme une composante essentielle des services de santé mentale

« …Tout jeune a la possibilité de faire de vrais choix relativement au plan et d’influencer le processus décisionnel. Pour que sa participation soit significative, tout jeune doit également avoir accès à des renseignements qui lui permettent [au jeune] de faire des choix éclairés. Ce jeune a également l’occasion d'aider à établir et à faire le suivi des buts et des objectifs qui deviennent partie intégrante du plan. Enfin, le jeune reçoit l’encouragement et le soutien nécessaires pour jouer un rôle actif dans la planification » 1

Certains jeunes ont besoin d’acquérir de nouvelles capacités, de soutien ou de services additionnels afin de bénéficier pleinement des occasions de mobilisation des jeunes. Une approche au traitement qui est axée sur la mobilisation des jeunes met l’emphase sur l’épanouissement des jeunes et crée des occasions pour qu'ils collaborent avec leur thérapeute en vue d’ajuster des services, de sorte qu’ils répondent à leurs besoins particuliers. Il a été démontré que les éléments suivants sont propices à la participation des jeunes dans le traitement :

Les jeunes reçoivent de l’information exacte et complète sur les services et autres sources de soutien.

En abordant la stigmatisation et en donnant aux jeunes des choix dans le contexte thérapeutique, les fournisseurs de services peuvent améliorer la participation des dans le traitement. 2 Les fournisseurs de services ont la tâche d’expliquer (dans un langage accessible) le processus de traitement. Plus précisément, ils doivent donner des explications sur ce à quoi les jeunes peuvent s’attendre, les différentes options de traitement et la façon dont les services sont censés les aider. Les fournisseurs de services passent également en revue les droits et responsabilités du jeune adulte (p. ex., la confidentialité, ce qu’ils peuvent faire si, à leur avis, ils reçoivent un mauvais service) ainsi que les avantages et risques qui s’y rattachent. 3,4,5,6

Le traitement est orienté vers des démarches holistiques et vers le bon rétablissement.

Les principes de la mobilisation des jeunes s’harmonisent bien avec une approche axée sur le rétablissement. SAMHSA (2012) définit le rétablissement comme « un processus de changement au sein duquel les personnes améliorent leur santé et leur bien-être, ont des vies autonomes, et font tout leur possible pour réaliser leur plein potentiel ». 7 La participation à des activités significatives, les relations valorisantes et l’appartenance à la collectivité sont des éléments qui viennent appuyer toute personne en cours de rétablissement 7. Bien que l’élimination des symptômes de la maladie mentale puisse constituer un but fondamental, les symptômes ne sont qu’un aspect de l’expérience de la personne. Le rétablissement tient compte de la qualité de vie et du bien-être de la personne dans son intégralité. 8

Les buts et la planification du traitement sont fixés de façon coopérative, pour répondre aux besoins et aux préférences du jeune.

Dans le cadre d’un processus décisionnel collaboratif, les jeunes sont invités à participer activement à leur traitement et à mieux comprendre le processus du traitement dans lequel ils participeront. 9 Les données probantes semblent suggérer que lorsque le thérapeute adoptent des comportements de nature collaborative, notamment la présentation du traitement comme un « effort d’équipe », le travail conjoint visant à établir des buts communs, la promotion de la participation et de l’engagement, et l’encouragement à la rétroaction, l’alliance thérapeutique est généralement plus forte 10, ce qui est associé à des résultats de traitement plus positifs. 11 Afin de promouvoir la participation active des jeunes, les réunions sont cédulés à des moments qui conviennent aux jeunes et n'ont pas lieu à moins qu'ils n'y soient présents.

En vedette : Le projet Acheive my plan (en anglais seulement) a été créé par des jeunes adultes, des membres du personnel soignant et des fournisseurs de services, avec le concours de chercheurs de Portland State University. Le projet a co-créé des ressources qui visent à préparer les jeunes et les animateurs des réunions à la mobilisation et la valorisation des jeunes au sein des services ‘Wraparound’.

Le traitement mise sur les points forts, les compétences, la résilience et les ressources du jeune.

Le traitement s’est historiquement centré sur la pathologie, les carences ou les problèmes du jeune . En adoptant une approche axée sur l’épanouissement des jeunes, les thérapeutes travaillent surtout sur la relation ainsi que sur les points forts, les compétences et les ressources du jeune adulte comme facteurs de protection contre les problèmes de santé mentale. 12 Étant donné ses avantages éprouvés, la mobilisation des jeunes constitue en soi une intervention prometteuse, qui mène à de meilleurs résultats cliniques. Hawke, Hennen, Gallione (2005) ont démontré que la mobilisation des jeunes dans des activités significatives renforce les capacités essentielles au rétablissement , telles que la maîtrise de soi, l'adaptation efficace et la compréhension de facteurs personnels liés au rétablissement. Lloyd et King (2003) soutiennent que les activités de mobilisation peuvent servir de facteur de protection contre les effets négatifs de la stigmatisation, car elles stimulent le renforcement des capacités, de la confiance et des compétences associés à un processus décisionnel solide. Pour obtenir des renseignements supplémentaires à ce sujet, consultez le rapport Connaissances en bref: la mobilisation des jeunes et les résultats cliniques.

Des mécanismes ont été mis sur pied pour que les jeunes fournissent leurs commentaires sur la façon dont le traitement se déroule. Ce processus de rétroaction est intégré dans la planification du traitement.

Les fournisseurs de services travaillent à la création d’occasions pour que les jeunes offrent des commentaires honnêtes sur leur traitement, et ils ont tout l’appui possible pour veiller à ce que le traitement corresponde aux besoins distincts de chaque jeune adulte. 13,6 Il existe des mesures pour inciter la rétroaction et évaluer l’alliance thérapeutique. Pour de plus amples renseignements, jetez un coup d’œil à la Base de données sur les mesures du Centre.

Les plans de traitement mettent l’accent sur les rôles de la famille et des aidants naturels.

« Les familles doivent avoir le soutien nécessaire pour être en mesure d’obtenir les renseignements appropriés au bon moment afin d'aider leurs enfants à prendre des décisions éclairées, et à revendiquer les services qui répondent le mieux à leurs besoins uniques ». 14 En adoptant un cadre écologique pour la thérapie, les fournisseurs de services s’occupent de diverses alliances au sein du réseau psychosocial du jeune adulte. 15,16,17 Les aidants naturels peuvent se révéler être sources considérables de soutien. De même, le fait d’inciter les parents et et les autres personnes qui s’occupent des jeunes à participer au traitement peut avoir un effet positif les résultats de traitement et leurs maintien. 18,5

Le soutien par les pairs est considéré comme une composante essentielle des services de santé mentale

Le soutien par les pairs peut avoir lieu de façon informelle entre les jeunes qui développent des liens par l’entremise d’un problème partagé. Le soutien par les pairs peut également inclure des rôles officiels dans le cadre desquels des jeunes en rétablissement sont sélectionnés, puis préparés et formés pour apporter leur aide à d’autres jeunes qui utilisent des services cliniques. Les pairs aidants ont généralement eux même fait face à un problème de santé mentale et peuvent ainsi s'identifier aux défis qui se présentent en cours de route. Cela donne souvent de l’espoir aux jeunes, car c'est un signe que le rétablissement est possible. 8

Dans Faire avancer la cause du soutien par les pairs, 19 la Commission de la Santé mentale du Canada a souligné l’importance du soutien par les pairs, le présentant comme une composante essentielle des services de santé mentale. Bien qu’il y a peu de données probantes sur le soutien par les pairs dans le domaine de la santé mentale, une publication de Santé Canada (2008) sur les pratiques exemplaires pour les jeunes ayant un problème de toxicomanie recommande d’intégrer des pairs aidants dans les activités de rayonnement. Les services de rayonnement reposent sur l’intervention d’anciens clients aux côtés du personnel ou d’autres travailleurs et font office d’éducateurs de pairs ou d'aidants. Comme pratique exemplaire, le recours à des pairs semblerait offrir plusieurs avantages potentiels :

  • Les pairs peuvent s’attaquer aux obstacles associés à la méfiance des jeunes vis-à-vis des adultes ou des fournisseurs de services
  • Les pairs sont souvent au courant de l’existence de réseaux de jeunes et des normes sociales
  • Les jeunes à la recherche d'aide s'identifient plus facilement aux pairs qui ont de l’expérience et qui ont du vécu.
  • Les pairs peuvent apporter des idées novatrices dans la conception et la mise en œuvre des activités de rayonnement, des opérations et des éléments d'évaluation

Santé Canada prévient vivement qu'il est possible que les anciens clients reprennent leur consommation d’alcool et d’autres drogues et que, s’ils sont embauchés comme pairs aidants, cela pourrait retarder leur transition vers la vie communautaire normale. Il est essentiel que les initiatives de rayonnement, qui intègrent des pairs travailleurs ou bénévoles, disposent d’un soutien et d’une surveillance continus. 

Pour apprendre davantage sur le soutien par les pairs consultez le rapport de Connaissances à l'horizon Soutien par les pairs du Centre. (en anglais seulement)

  • 1. Walker, 2008, p.4
  • 2. Oetzel & Scerer, 2003
  • 3. Karver & Caporino, 2010
  • 4. Sommers-Flanagan & Bequette, 2013
  • 5. a. b. Karver, Handelsman, Fields & Bickman, 2006
  • 6. a. b. Henkelman & Everall, 2011
  • 7. a. b. https://www.samhsa.gov/recovery
  • 8. a. b. Commission de la santé mentale du Canada, 2013
  • 9. Schuer, Everett, & del Veccio, 2007
  • 10. Creed & Kendall, 2005
  • 11. Martin, Garske & Davis, 2000
  • 12. Schwartz & Suyemoto, 2013
  • 13. Walker, Thorne, Powers & Gaonkar, 2009
  • 14. Manion & Smith, 2011, p.3
  • 15. Feinstein, 2009
  • 16. Thompson, Bender, Lantry &Flynn, 2007
  • 17. Hawley & Garland, 2008
  • 18. Hawley & Weisz, 2005
  • 19. la Commission de la Santé mentale du Canada, 2010